La Maison Toléra (1952)

Le 8 février 1952, M. Léandre Toléra demeurant Bd Clemenceau, Banque Populaire demande l’autorisation de construire un immeuble d’habitation sur un terrain dont il est propriétaire et situé en bordure de la rue Cabrit (n°14, morcellement Roca).
Il s’agit d’une maison d’habitation de 1 étage sur entresol avec sous-sol. Elle se situe dans ce nouvel lotissement « Roca-Drancourt ».


L’architecte Pierre Sans est choisi. Il estime les travaux à 4 500 000 Frs. Le permis de construire est accordée mais plusieurs réserves sont émises :

  • L’entrée du RDC ne peut pas servir comme garage de voitures. L’accès au logement restera complètement libre.
  • La surface d’éclairement de la cage d’escalier est trop importante. L’aspect de cette baie sera simplifié.
  • Les clôtures seront constituées par un mur bahut de 0,80m surmonté d’un grillage ou partie ajourée de 0,50m
  • L’appui des fenêtres de l’entresol n’excédera pas 0,10m.

La façade au n°14 rue Cabrit a des influences hispano-catalanes. On retrouve le soubassement en parement de briquettes rouges rappelant le « cayrou » local. Les appuis de fenêtres, l’encorbellement du balcon, les arcs des fenêtres et de la porte d’entrée imposante sont également en « cayrous ». Les consoles du balcon en fer forgé mais également les « azulejos » du dessous du balcon et le garde-corps en avancée rappellent les « masias » espagnoles. La façade en mortier de ciment est « sciottée ». Rappelons que cette maison de ville est traversante entre la rue Cabrit et l’impasse Drancourt.


La façade du n°13 impasse Drancourt est plus dans l’esprit Art Déco vernaculaire. On retrouve les soubassements et les murets de la clôture en galets de rivière, l’arc en plein cintre de la porte d’entrée et la rampe de l’escalier extérieur en cayrous. Cette partie basse est résolument régionaliste.

La cage de l’escalier intérieur à vis est une demi-tourelle qui va s’apposer à la façade donnant ainsi du volume. On dirait une demi-colonne surmontée d’un immense chapiteau dorique. Les pavés de verre éclairant la cage d’escalier vont devenir un élément décoratif. Toutes les ouvertures de cette façade sont différentes en dimensions ou en forme ; le toit terrasse est en avancée donnant ainsi un air Moderniste Art Déco tardif.

Avec un peu de nostalgie on peut dire cette maison est le chant du cygne de l'architecture perpignanaise, après il n'y aura plus rien pour la caractériser.

Cette Maison est noté Label Patrimoine du XX°siècle.

Nota : La maison Courty située juste à côté, n°16 rue Cabrit et n°15 impasse Drancourt est aussi de Pierre Sans.

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