Le Canal des 4 Cazals

Voici un plan du quartier Gare datant de 1927, on peut voir un canal traversant le quartier.

Il s’agit du Canal des 4 cazals. Certains d’entre vous, on découvert l’existence de celui-ci à l’occasion des changements de buses sous l’avenue de Gaulle.

D’autres profitent allégrement du passage piéton des 4 cazals. Le canal des 4 cazals prend sa source au niveau d’une gravière dans la Têt (proximité Parc Ducup). A l’époque, il avait pour fonction d’irriguer les champs de la partie ouest de la Ville de Perpignan. Sur ces jardins irrigués ont été bâtis les quartiers de St Assiscle et La Gare. Il se jette dans la Basse, quai Nobel au niveau de la rue Amand où était édifié le Moulin des 4 cazals qui fut démoli en 1908. A noter « cazal » signifie moulin. En 1883, une passerelle en bois permit de relier le nouveau quartier de la Gare avec le faubourg Saint-Martin en enjambant la Basse. En octobre 1915, cette passerelle est emportée par une crue de la Têt, elle sera reconstruite en dur. La gestion du canal dépend du « syndicat du ruisseau », dorénavant géré par la Communauté d’agglomération. Nota : Les travaux de la rocade ouest, au niveau de la clinique St Pierre et logeant le bâtiment EDF laissent apercevoir un canal partiellement couvert et en cours de recalibrage, puis qui traverse l’avenue de Prades. Il s’agit du canal des 4 cazals. Un peu d’histoire Au début du XIX° siècle, les quartiers St Assiscle et Gare étaient encore voués à l’agriculture. Cette portion de territoire à l’ouest de la Ville était située entre deux cours d’eau : la Têt et la Basse. Elle était bordée au nord par la grande route de Prades et était traversée par l’ancien chemin du Conflent. Cité au XVI siècle, le canal des 4 cazals était l’agent principal de fertilité de cette terre, grâce à un réseau d’ «agulles ». Près de la Basse, à l’endroit compris entre les rues de la Paix et Saint Amand, se dressait l’important moulin à huile dit dels quatre cazals (déjà mentionné en 1538). Cette appellation lui avait été donnée en raison des quatre bâtisses qu’il comptait initialement. En 1820, l’une d’entre elle avait été une annexe de la Monnaie de Perpignan puis était devenue une fonderie de fer en 1834. Propriété en 1848, du maire de la ville Augustin Lloubes, ce moulin déjà imposant avait pris davantage d’ampleur à cette époque. Des constructions supplémentaires lui donnaient alors l’allure d’un véritable hameau. Plusieurs épidémies de choléra ont touchés le quartier de la Gare. Un rapport d’une commission d’assainissement déclarait en août 1887 :……un nouveau quartier a commencé à s’édifier entre le chemin de fer et les fortifications. Les propriétaires n’ont rien fait pour assurer l’écoulement des eaux pluviales ou ménagères. Ce quartier est traversé par des agouilles d’arrosage alimentées par le canal des Quatre Cazals. Elles reçoivent toutes sortes d’immondices. Elles jettent dans la Basse une eau fétide : les jours où il ne coule pas d’eau dans ces quartiers, ces canaux sont infects. Il est de toute nécessité que la Ville fasse établir, un projet d’assainissement du quartier. La commission a vu avec surprise des femmes laver le linge dans ces eaux impures qui proviennent d’agouilles infectes. Interdiction de laver dans la Basse en aval de la passerelle….Encore longtemps, faute de lavoirs communaux, les berges de la Basse seront fréquentées par les lavandières, faute de mieux. En 1893, le savon provenant du lavage du linge au niveau des 4 Cazals a empoisonné les poissons qui pullulaient dans la Basse. La construction de trois lavoirs publics dans le quartier, à la fin 1894, permit alors aux ménagères de laver leur linge dans des conditions plus hygiéniques. Par mesure d’hygiène, le canal dels quatre cazals a été couvert après la seconde guerre mondiale. Il serait agréable que le passage des 4 cazals soit réaménagé de façon paysagère pour en faire un agréable cheminement piéton.